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4 - La gueule toute verte

Graines de Violences...

Des centaines de générations de paysans ont nourri une biodiversité devenue patrimoine planétaire. La voyoucratie financière n'a eu de cesse de combattre cette injustice de la nature à l'égard du Capital : la semence paysanne échappe au profit ! La prise en otage des semences permet le contrôle de révolution de l'agriculture, de l'alimentation et de l'avenir de l'humanité. Face aux privilèges des. multinationales, imposons l'abolition des privilèges.

Augmenter le rendement... du profit

Pour les paysans de l'Altiplano, la semence fait partie de la communauté, au même titre que les humains, les animaux, l'eau, la terre ; elle fait l'objet d'échanges, de dons.
La semence paysanne s'adapte au terrain, au climat, aux plantes qui l'entourent, aux prédateurs. Elle maintient une diversité garantissant les récoltes contre les imprévus. La semence industrielle réduit les variétés, privilégie des plantes capables de pousser n'importe où, non adaptées aux conditions locales, nécessitant l'usage de correcteurs

C'est au XXème siècle que l'hybridation, traversant l'Atlantique, impose la diminution du rendement du grain récolté : « Lorsque l'agriculteur veut reproduire les résultats splendides qu'il vient d'obtenir avec le maïs hybride, son seul recours est de retourner chez l'hybrideur où il s'est procuré les semences. » Un responsable d'une entreprise de semences de maïs hybride en souligne les bienfaits : « Voici une réussite que les banquiers et les hommes d'affaires peuvent apprécier, une industrie partie de presque rien en 1934 et faisant 60 à 70 millions de dollars de chiffre d'affaires en 1944 ».

Cela n'empêcha pas l'hybridation de se répandre jusqu'à concerner aujourd'hui 23 espèces, et bientôt 33 !

Il était une fois la révolution... verte

A l'issue de la Seconde Guerre mondiale, les intérêts américains commandent de vendre les productions massives du Midwest, les tracteurs Mc-Cormick...

L'Europe essuiera les bienfaits du Plan Marshall, les pays du Sud ceux de la révolution verte, croisade planétaire bénie par le président Harry Truman en 1949 : « Leur pauvreté constitue un handicap et une menace pour eux et pour les régions plus prospères, mais pour la première fois dans l'histoire existent les connaissances susceptibles de soulager les souffrances de ces gens. » Emu, le microbiologiste

Emest Borlaug s'illustre par la mise au point de variétés naines de blé et consacre une vie de mission à libérer l'humanité des famines en augmentant massivement la production alimentaire grâce à la technique (sélection variétale, engrais, irrigation massive, pesticides...). Cet agent commercial des intérêts des multinationales sera prix Nobel.

La réussite de la révolution verte est bien illustrée par l'Inde. Si la ration de riz a augmenté de moitié, au détriment de la consommation de légumes et de fruits, plus du tiers de la population est encore aux limites de la survie, 88 % des femmes enceintes souffrent d'anémie... Les sols sont stériles, les réserves d'eau insuffisantes, le PDT (interdit en Occident) souvent répandu à mains nues, 25 000 paysans se sont suicidés en dix ans !

Vandana Shiva, une scientifique indienne, dénonce les effets des semences de la révolution verte « redirigeant vers la partie comestible du riz ou du blé une grande partie du produit de la plante, au détriment de la tige et des autres composantes de la plante. Il en résulte une diminution draconienne de la production de paille ou d'autres résidus, qui constituent la nourriture du bétail ou des bactéries du sol.

A ce cycle régénératif, la révolution verte a substitué un flux d'intrants achetés. La fertilité n'est désormais plus la propriété du sol, mais celle des engrais chimiques. Cette dépendance de l'agriculture s'inscrit dans la logique d'appauvrissement de la biodiversité, fondamentale pour l'avenir de la production alimentaire. La pression technologique et commerciale remplace la diversité par les monocultures. A mesure que la biodiversité recule, les pauvres deviennent plus pauvres ».

Resté riche et en bonne santé, Borlaug reconnaît que la faim n'a pas reculé dans le monde, mais s'extasie devant les miracles des biotechnologies : il est bien le chaînon manquant entre la révolution verte et les chimères génétiques !

chimiques, une artificialisation du milieu.
Pour remplacer le paysan par le sélectionneur, il est nécessaire d'empêcher biologiquement les plantes de se reproduire gratuitement dans les champs. Dès le XIXème siècle, la technique de l'isolement, venue d'Angleterre, s'appuie sur une théorie assurant que « les variétés se détériorent dans le champ de l'agriculteur ». Il faudrait s'en remettre à la science qui devient déjà un outil de vente.

Pour justifier le prix d'une semence hybride (cent fois celui du grain récolté), les biznessmen affichaient des rendements bien supérieurs à celui de l'avoine, oubliant de préciser que l'amélioration de cette céréale avait été abandonnée, du fait de la disparition des chevaux de trait devant la mécanisation galopante ! Ignoraient-ils que dans la période 1920-1945, le rendement du blé non hybride avait progressé de 32% contre 18% pour le maïs hybride ?