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Des oublis !
Cette exposition a pu surprendre le visiteur un tant soit peu au courant de rengagement politique de Louise Michel car en parcourant les 23 panneaux proposés, il lui aura été bien difficile de découvrir que celle-ci fut une ardente militante anarchiste ainsi que la première à arborer le drapeau noir qui devint, par la suite, l'emblème si connu du mouvement anarchiste « ...Plus de drapeau rouge mouillé du sang de nos soldats. J'arborerai le drapeau noir, portant le deuil de nos morts et de nos illusions ». Elle se reclamera de ce mouvement jusqu'à sa mort.

Très tôt, elle s'engagea dans une activité politique radicale sans concession : elle fut secrétaire de la Société démocratique de moralisation ayant pour but d'aider les ouvrières, elle fut adhérente, sinon proche, de la Première Internationale ainsi que des idées de Blanqui, auteur du fameux « Ni dieu, ni maître ». Tout cela sans oublier son rôle très important dans la Commune de Paris (1871). C'est sans doute au contact de Nathalie Lemel, une des animatrices de la Commune, déportée avec elle en Nouvelle-Calédonie, que Louise Michel devint anarchiste « Si un pouvoir quelconque pouvait faire quelque chose, c'était bien la Commune composée d'hommes d'intelligence, de courage, d'une incroyable honnêteté et qui avaient donné d'incontestables preuves de dévouement et d'énergie. Le pouvoir les annihila, ne leur laissant plus d'implacable volonté que pour le sacrifice. C'est que le pouvoir est maudit et c'est pour cela que je suis anarchiste. »
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Consensus mou
On peut se demander pourquoi de telles impasses sur les idées politiques de Louise Michel. Que ses idées et son engagement anarchistes dérangent, c'est évident. Mais, plus banalement, cette présentation très édulcorée de Louise Michel n'a rien d'étonnant en ces temps d'apolitisme généralisé et de confusion idéologique portée à son maximum.
Toute référence en ce domaine se doit d'être lisse, peu propice à la confrontation d'idées... en quelques mots, consensuellement et politiquement correcte !
Déjà, la présentation qu'en faisait l'association annonçait la couleur : « faire connaître son oeuvre », c'est-à-dire « sa lutte contre toutes les injustices, toutes les formes de racisme, pour une instruction pour tous, la dignité pour les travailleurs et le respect de toutes les cultures. » N'en jetez plus, la coupe citoyenniste est pleine à ras bord ! Surtout aucune référence explicite aux positions idéologiques, on ne peut plus claires, de Louise Michel.
Dans la lignée de l'aspeci positif de la colonisation, de l'orchestration mélodramatique de la lettre de Guy Môquet et de bien d'autres révisions, cette exposition y trouve sa petite place, peut-être bien involontairement de la part de ses concepteurs. En effet, il n'est même pas sûr qu'il y ait une volonté délibérée d'occulter des positions idéologiques dérangeantes pour nombre d'humanistes bien intentionnés.
Une récupération vieille comme
la « bonne Louise »
Apres les calomnies, les insultes et les mensonges de son vivant, le temps de la récupération vint. Son nom est un des plus utilisés aux frontispices des écoles, collèges, lycées... De nombreuses rues nous la rappellent tous les jours.
La Mairie de Paris n'hésite pas à lui rendre hommage en organisant un important colloque (2005), un prix Louise Michel (remis par le Sénat) a été créé pour « honorer » une personnalité censée défendre les valeurs républicaines. Parmi les derniers à qui ce prix a été décerné, on trouve Chirac, Balladur, Bouteflika ou encore Hosni Moubarak ! Il n'y a plus de limites au grotesque. Il ne manque juste que Sarkozy en fasse une de ces prochaines idoles politiques. Pourquoi pas, au point où on en est ?
Après être restée une semaine dans la salle de la Bourse du travail, l'exposition a été transférée dans les locaux du lycée E. Jamot. À n'en pas douter, ce fut une belle leçon d'histoire et d'éducation civique comme on les aime aujourd'hui : révisée à souhait, débarrassée de ses oripeaux révolutionnaires, en un mot citoyenne !
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Compléments biographiques
1870, elle est élue présidente dit Comité de vigilance des citoyennes du 18ème arrondissement de Paris. Peu après, elle se proposera pour se rendre seule à Versailles et tuer Thiers.
Mars 1871, pendant la Commune. avec un fusil sous son manteau. elle monta à l'assaut des Buttes de Montmartre pour empêcher la prise des canons de la Garde nationale par les Versaillais.
Mai 1871 (fin de la Commune), sur la barricade de Clignancourt, elle participe aux derniers combats de rue. Elle se rendra pour faire libérer sa mère, ar-retée à sa place.
Juillet 1881, elle assiste au congrès anarchiste inlernalionat de Londres qui consacre la propagande par le fait comme moyen d'émaneipation des travailleurs.
Mars 1883, avec E. Pouget. Louise Michel prend la tête d'une manifestation de « sans-travail » à Paris précédée du drapeau noir. Celle-ci dégénère rapidement en pillages de boulangeries et en affrontements avec les forces du désordre. Louise sera condamnée à six ans de réclusion pour « excitation au pillage ».
Août 1886, elle est condamnée à quatre mois de prison pour incitation au meurtre durant son intervenlion en faveur des mineurs de Deeazevillc.
1888, elle débute une longue série de conférences en faveur de l'anarchisme et de la grève générale,
Et ça continue ainsi jusqu'à sa mort en 1905.
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