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Depuis quelques mois, au conseil municipal aubussonnais, d'étranges « contradictions » politiques sont apparues à propos de la construction d'une future Maison de l'emploi (et de la formation) sur le site Philips à Aubusson.
La mise en place de ces « maisons » fait partie de la loi Borloo et celle d'Aubusson sera une des 200 déjà labellisées par le gouvernement Sarkozy. Sachant que la municipalité d'Aubusson est clairement socialiste, on peut être étonné de tant de zèle dans la concrétisation d'un projet de droite. Tout aussi étonnante est la position de l'élu de droite (UMP) fortement opposé au projet de ses amis idéologiques. Mais nous savons depuis longtemps que la plupart des hommes politiques ne sont pas à quelques profondes
contradictions près.

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Clochemerle à Aubusson
L'engagement contre la construction de cette Maison de l'emploi par l'élu municipal UMP (0. Sebenne) appuyé par son ami député du même parti (J. Au clair) relève plus, en fait, de considérations « clochemerlesques » que de véritables convictions. En effet, 0. Sebenne est président d'APROART (Association pour la promotion des Arts plastiques à Aubusson et en Creuse) qui organise depuis une dizaine d'années des expositions d'art, justement dans les locaux choisis pour accueillir cette future Maison de l'emploi ! Bien évidemment, l'organisation à venir de ces expositions s'en trouverait alors perturbée, voire plus difficile. Par ce choix, le maire socialiste (M. Moine) n'est sûrement pas mécontent d'acculer à la contradiction son opposition municipale.
Les socialistes n'hésitent pas, d'ailleurs, à sortir l'artillerie lourde des arguments, type café du commerce :
« quant au Salon d'art, mettre en balance 4 000 chômeurs à l'année et 1 500 visiteurs sur deux mois, ça me paraît bizarre comme analyse forte de la situation ». Art contre chômage : quelle belle tête d'affiche pour ce duel pipé PS-UMP !
La boussole idéologique s'affole
La mise en place de cette Maison de l'emploi « a été pensée, spécifiquement sur le rapprochement entre ASSEDIC et ANPE, un rapprochement exemplaire, tendance forte de la maison Borloo », dixit le maire PS lui-même. Se souvient-t-il que « réunir l'ANPE, l'Unédic et les maisons de l'Emploi en un seul service » était une des promesses de campagne de Sarkozy, celle-ci ayant été, d'ailleurs, très favorablement accueillie par le Medef ? La confusion idéologique atteint des sommets (du moins en apparence) : qui pourrait y retrouver sa droite de sa gauche ? Il est vrai que depuis déjà un certain temps, nous sommes assez habitués à ce genre de confusions.
La fusion ANPE/Unédic:
un projet clairement de droite
Ce projet de fusion fait partie d'un ensemble plus large qui comprend le statut du contrat de travail, la réforme du marché du travail, la sécurisation des parcours (la fameuse flexisécurité) cl les systèmes d'indemnisation des chômeurs. De plus, il entérine la mise en place du DUDE (dossier unique du demandeur d'emploi) qui permettra de croiser toutes les informations professionnelles et personnelles afférant à la situation du demandeur.
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Nous allons avoir là un fichage informatiquement ouvert aux opérateurs privés de placement.
Au passage, Sarkozy n'a pas oublié de préciser qu'un des rôles de cette nouvelle entité sera de prononcer des sanctions contre les chômeurs pas assez soumis.
Il est alors clair que cette fusion va permettre de mettre en place « un outil de coercition à l'égard des demandeurs d'emploi qui seront contraints d'accepter tout et n'importe quoi » (CGT).
Pour toutes ces raisons, cette fusion constitue une véritable dangerosité sociale sans aucune ambiguïté qui n'a pas l'air de déranger le moins du monde nos chers socialistes aubussonnais.
Nous pouvons signaler un autre cas de confusion des genres politiques : c'est celui de la mise en place du RMA par le Conseil général de la Creuse. Son président socialiste (Lozach) n'a pas hésité un instant à ce que le département soit pilote en la matière alors que le moins que l'on puisse dire, c'est que ce dispositif est bien ambigu et loin d'être neutre politiquement. Malgré quelques réticences de forme. Auclair, le député creusois UMP, n'a pu qu'entériner la décision de son « adversaire » politique. Tous les deux en plein accord avec le gouvernement Sarkozy !
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