MARSEILLE, MA BIEN AIMÉE

En ton sein, j'ai eu le bonheur de voir le jour,
Depuis pour toi, mon Amour rime avec toujours.
Enfant déjà, j'appréciais de l'Astre Solaire,
Les immenses faveurs, envers toi si salutaires;

Plus blanche, te rendent ses rayons lumineux,
Toi toujours sans tache, dans mon cœur amoureux.
Que l'on vienne à toi par le ciel, la mer ou la terre,
La première que l'on voit, c'est ta Bonne Mère,

Celle qui dans ses bras, accueille tous les voyageurs,
Avec un toujours égal, sourire de bonheur.
Elle est ton ambassadrice universelle,
Car son amour, à la lumière étincelle.

Par un maudit soir de printemps, l'horreur te frappa,
Et tous tes quartiers de la gare, point n'épargna.
Trop tôt, mes êtres chers quittèrent notre Planète,
Et seul, je partis avec du noir plein la tête.

Pendant tout mon exil, je rêvais de ce jour,
Oh ! Combien ardemment désiré, de mon retour.
Il est enfin arrivé, ce moment de liesse,
Que j'imaginais, dans mon immense détresse.

Dés lors, j'ai compris l'importance de mon Amour,
Et de mon attachement à toi, pour toujours.
Ton défenseur inconditionnel, heureux d'être,
Suis devenu, du plus profond de tout mon Etre,

Loin de toi, mes séjours devinrent de plus en plus brefs;
Car moralement, je m'en faisais moult griefs.
De toi, mon amour est devenu comparable,
A celui que l'on éprouve pour une maîtresse désirable

J'aime tes violentes colères, très souvent,
Sur les terrains de pétanque, balayés par le vent.
J'aime aussi tous tes accents, à la réputée faconde,
Et tes éclats dans les bars, où l'on refait le Monde.

C'est vrai qu'il est aussi violent que toi, ce mistral,
Mais pour notre bien être, son rôle est capital.
Au loin, il repousse toute atmosphère maléfique,
Et à mes yeux, te rends plus pure et bénéfique;

Autour de son club de foot, unie intimement,
Ta foule bruyante et bigarrée, j'aime également.
Point n'est alors question, de futiles querelles,
Quand pour un idéal; les cœurs vibrent à merveilîe.

Vers cette rade profonde, tout ton rivage tourné,
À ton port, un abri unique au Monde a donné.
La liberté et la tolérance, tu inspires,
Par ton respect, de tout être qui y aspire.

De toute évidence Marseille, tu es mon Paradis,
Et pour tous mes bons moments, je te dis merci.
Même dans mon Eternité, je te serais fidèle,
Et au-delà du trépas, je t'aimerai ma belle.

Oui c'est certain, en ton sein j'ai vu le jour,
Et c'est là, que je désire reposer pour toujours.
Nul besoin n'ai éprouvé, de chercher au loin la lune,
En toi j'ai toujours trouvé, ma plus grande fortune-

Par pitié, telle que tu es reste toujours,
Et ne te laisse pas tenter, par de factices atours.
Ainsi, de la planète tu es la Merveille,
À tout jamais ma Reine tu resteras, Marseille.

GUISSANI Maurice