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INTERNATIONALE SITUATIONNISTE 12



INTERNATIONALE SITUATIONNISTE 12



La calomnie démesurée

Car d’autre part, il ne faut pas oublier certaines choses. Que si l’on supprime le fait que le père de G. Debord soit un très riche industriel, les situationnistes ne sont plus rien (du moins en France).

Nerslau,
L’Hydre de Lerne n° 5 (janvier 1968).

Les « enragés » au nombre d’abord d’une dizaine, puis d’une centaine, allaient réussir, en recourant à la violence, à paralyser le travail de quelque 12 000 étudiants. Le « mouvement du 22 mars » vient de là, d’une quarantaine de jeunes gens membres de l’Internationale situationniste qui a son siège à Copenhague et qui est manipulée par la H.V.A., service de sécurité et d’espionnage est-allemand.

Louis Garros,
Historama n° 206 (décembre 1968).

On peut tenir pour certain que dans tout cela sont absentes aussi bien la poésie que la révolution, neutralisées et non exaltées l’une par l’autre. La rigueur de cette double exigence manque évidemment aux militants qui sont entrés dans la révolution comme on entre en littérature. Une complaisance de ce genre atteint son comble chez ceux qui se définissent comme « situationnistes ». Ce qui, en mai, dans les inscriptions murales, toucha pour un temps certains bourgeois sensibles, avait cette origine. Bien loin d’être spontané, mais absolument prémédité, ce travail de transcription était très semblable au développement, avec des moyens divers, de l’activité littéraire traditionnelle. Le récent livre de l’un d’eux, Viénet, en est la preuve. Au contraire, ce qu’aucun bourgeois ne pouvait apprécier dans les paroles de mai (« Nous sommes tous des juifs allemands », « Soyez réalistes, demandez l’impossible », etc.), n’était pas situationniste.

Comité des écrivains et des étudiants (Duras, Mascolo, Schuster, etc.).
Texte publié dans Quindici n° 17, juin 1969.

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La démence

Un asile de fous semblait partir à la rescousse d’un autre, les surréalistes aussi occupaient. Alliés aux « situationnistes », ils eurent même les premiers jours la majorité au « comité d’occupation » qui, en principe, réglait toutes les affaires intérieures de la Sorbonne (...) Un vent de juridisme tâtillon soufflait que les situationnistes calmèrent par la via negativa des mystiques, forçant l’assemblée générale à discuter pendant des heures du mode de discussion de l’ordre du jour de la séance en cours, laquelle s’achevait avant qu’on se soit mis d’accord sur le remède absolu contre tout risque de « bureaucratie ».

Edgar André,
Magazine littéraire n° 20 (août 1968).

J’ai retrouvé dans mes archives une brochure éditée en 1966 par les situationnistes qui s’étaient emparé du bureau de l’U.N.E.F. de Strasbourg : ces quelque trente pages révolutionnaires sont à ce point proches des idées à l’origine de Mai qu’il m’a semblé intéressant de les rappeler, d’autant que cette contestation radicale pourrait être souvent la nôtre, si elle ne s’envolait pas dans une phraséologie désastreuse (...) Bravo, Messieurs, mais alors venez chez nous combattre la démocratie, au lieu de vouloir la réaliser sous ce que vous croyez pouvoir être une autre forme ! De l’audace !

AF Université, Mensuel des Étudiants de la Restauration Nationale (octobre 1968).

Contrairement à ce qu’on pourrait attendre, la reconversion psychologique n’a pas été effectuée et elle est, selon nous, la cause de l’erreur de l’I.S., et par la suite l’échec de la néo-social-démocratie estudiantine de mai [19]68 (...) le principe de l’individualisme n’a pas été abandonné (...) Dans une perspective léniniste l’I.S. ne saurait être considérée autrement que comme une manifestation dangereuse de la pensée petite-bourgeoise. Elle sert le capitalisme, témoin l’audience qui lui fut faite ces derniers temps dans la presse bourgeoise.

R. Estivals,
Communications n° 12 (décembre 1968).

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